Tous les schuss possibles en Andorre
Plus de 300 kilomètres de pistes, des aménagements et des services pour toutes les pratiques, ronchon sera le skieur qui ne trouvera pas son bonheur sur les pentes des montagnes andorranes.
Il y a belle lurette qu’Andorre se démène pour offrir chaque saison, des prestations plus à même de répondre aux attentes des amoureux des sports de glisse et rester ainsi l’un des domaines pyrénéens de référence. Avec l’automne, la montagne vit un entre-deux, un moment de calme lors duquel le gel fait rougir les feuilles des arbres et les flancs herbus des montagnes. En Andorre, comme dans toutes les montagnes, on est entre deux saisons, entre les deux grandes respirations économiques qui sont le pilier de l’activité du pays. Une fois la neige passée par là, le pays revêt son costume d’hiver, les infrastructures muettes et immobiles pour la plupart pendant l’été se mettent en route pour plusieurs mois. Avec 300 kilomètres de pistes revendiqués, il y en a pour tous les goûts entre les sommets et jusque dans les vallées andorranes. D’autant que les activités d’hiver ne se limitent pas au ski alpin, mais n’anticipons pas sur le menu de tout à l’heure. « Il y a beaucoup de choses à faire en effet en Andorre » témoigne un fin connaisseur des questions de glisse dans tous les massifs français et frontaliers. « Les domaines sont aisément accessibles avec les différents points d’entrées depuis le fond des vallées par téléski ou télécabines. Mais c’est aussi l’endroit où l’on peut faire de l’héliski, de la motoneige sans contrainte, parce que les conditions réglementaires sont bien plus souples là-bas que de ce côté-ci de la frontière. » Tous les niveaux Devenu affaire nationale voici plus de cinquante ans avec l’ouverture en 1957 de la toute première station Pas de la Case-Grau Roig, le ski reste toutefois l’activité reine des mois d’hiver passés sous la neige. Nous ne reviendrons pas sur le b-a-ba du ski alpin. Dès les premières glisses maîtrisées, la sensation de liberté qui peut alors surprendre, l’euphorie même parfois ressentie à se laisser aller sur une belle neige, le froid piquant sur la peau, la fatigue saine du grand air que l’on ressent en fin d’après-midi, après une journée sur les planches… La carte des domaines donne envie en tout cas de ces sensations. Les nombreuses pistes de toutes les couleurs entretenues par les stations andorranes, offrent en effet toutes les possibilités pour apprendre, progresser, s’éclater à tous les âges et pour toutes les conditions physiques. Les ados et les jeunes adultes, friands de « rides » à la mode pourront par exemple s’élancer sur leurs surfs bariolés dans les zones prévues à cet effet réservées au « free ride » de Vallnord ou à Grandvalira. Les skieurs très confirmés pourront trouver aussi leur bonheur avec l’héliski, en se faisant déposer sur les crêtes, avant de dévaler des montagnes pentues en diable, comme à l’Hortell, au Creussans ou au Port d’El Rat à Arcalis, entre autres. L’héliski, encadré par des guides est probablement la meilleure marche vers les sensations ultimes du ski hors piste, avec le ski de randonnée au long cours. Bosses et freestyle Autre discipline tout aussi spectaculaire pour les spectateurs, le ski de figures apprécié des fans de bosses et autres half-pipe qui trouveront dans les stations de quoi régaler leurs appétits de sensations. Ils pourront même aller au-delà, à Vallnord cette année, avec l’ouverture d’un tout nouvel espace, le « woodpark ». Inspirés des parcours de descente aménagés pour les VTT en été, les woodparks sont des zones de freestyle dont les obstacles y sont des arbres pour la plupart, ou des obstacles artificiels sur lesquels on peut surfer après un saut ! À condition de savoir « débrancher le cerveau » ou d’avoir passé suffisamment d’heures sur les différents snow-parcs aménagés des stations ! On peut d’ailleurs travailler ses lignes jusque tard dans la nuit sur le Sunset park de Grandvalira ouvert tous les week-ends jusqu’à 22 heures avec trois lignes différentes. Ou bien encore aborder ces disciplines avec la nouvelle « ligne » débutants du snow-parc d’Arinsal. Coupe du monde Puisque nous en sommes à parler de skieurs chevronnés, l’événement de l’année en Andorre sera la présence les 11 et 12 février prochains d’une épreuve de la coupe du monde féminine de ski sur la piste déjà mythique d’Avet à Grandvalira-Soldeu. Deux épreuves s’y dérouleront : slalom et slalom géant et devraient attirer la grande foule des amoureux de compétition. Les aménagements réalisés, la construction de tunnels notamment, permettront en outre d’isoler complètement la piste dédiée à la compétition mondiale du reste du domaine skiable. Chacun pourra donc faire comme bon lui semble, skier alentour ou s’arrêter pour profiter du spectacle. Une tribune de 1 000 places assises a même été construite, pour le confort des spectateurs ! Ces derniers seront peut-être aussi nombreux, deux semaines plus tard, pour une autre épreuve de coupe du monde dans une discipline tout aussi spectaculaire, celle du kilomètre lancé où les skieurs, vêtus d’étranges combinaisons, peuvent atteindre et dépasser la vitesse de 200 kilomètres à l’heure, sur la piste Antenes du Grau Roig ! Au-delà de la coupe du monde, les chronos vont tourner à plein aussi du côté de Vallnord avec la première édition en territoire Andorran de la Vertical Race. Une course impressionnante qui comptera parmi ses concurrents le grand champion Killian Jornet. Comme tous les ans se déroulera également la « Font Blanca Arcalis », une course de ski de montagne réputée très difficile et qui constitue une étape de la coupe du monde de la spécialité, le circuit mesure 17 km pour un dénivelé de 1 768 mètres passant par les sommets de Creussans et le Pereguils à plus de 2 600 mètres d’altitude. Enfin, moment attendu à Vallnord, l’« El Dorado Freeride » se tiendra cette saison du 23 au 28 février à Arcalis pour sa quinzième édition. Excursions motorisées Loin des frissons de la compétition, en plus de la pratique du ski, les stations andorranes offrent une foule d’autres activités de glisse ou liées au monde de la neige. On pourra par exemple, pour les amateurs de neige et de sports mécaniques, s’initier ou partir en randonnées à motoneige et vivre, l’espace de quelques instants, en plein cœur du rêve des grands espaces vierges, en fendant la neige sans efforts. Où bien, plus confortable, faire le tour des pistes, à la nuit tombée dans une dameuse, une de celles qui composent le balai de la lumière jusque tard dans la soirée, sur les flancs des montagnes silencieuses, l’occasion de découvrir l’envers du décor, celui du travail mené chaque jour pour que la neige soit belle et bonne à dévaler. À Arcalis, il existe aussi les Gicafer, des véhicules à chenillettes qui vous proposent des sorties, à la nuit tombante, pour aller regarder le coucher du soleil en altitude et passer dans de drôles d’endroits. Par exemple le tunnel du Port d’el Rat, tentative avortée de créer une voie de communication avec la France sous la montagne qui s’est transformée en grotte où l’on vous servira un vin chaud. Ce sont aussi les Gigafer qui vous conduiront de nuit jusqu’au restaurant Chee’es Art de la Coma d’Arcalis pour un dîner fondue… On peut également se rendre jusqu’à ce restaurant en ski ou raquettes, pour découvrir la montagne la nuit et s’ouvrir ainsi l’appétit de fort belle manière. À moins qu’aux bruyants engins vous préfériez le jappement des chiens de traîneau qui vous donneront eux aussi l’impression d’avoir rejoint, le temps d’un moment, le grand nord et tout l’imaginaire qu’il porte ! Jack London n’est jamais très loin dans ces ambiances. Plongée, luge… Les plus téméraires - ou peut-être simplement, nostalgiques des émissions du Commandant Cousteau - pourront aussi s’initier à la plongée sous marine sous-glace en plusieurs endroits de la principauté ou encore faire un tour de buggie sur neige, pour les amoureux de sports mécaniques, jusqu’à apprendre les rudiments de la construction d’un igloo, dans le sillage du célèbre igloo-hôtel de Grandvalira. Les plus curieux pourront aller découvrir l’airboard, une espèce de petit matelas pneumatique faisant office de luge sur lequel, une fois allongé, on peut dévaler les pentes neigeuses en se dirigeant avec les pieds. Les engins nouveaux conçus pour glisser sur la neige se multiplient d’ailleurs comme le skibike, combinaison de vélo et de ski (sans pédales ni roues) ou le trikke ski, bref, le ski sur une sorte d’engin à mi-chemin entre le tricycle et la trottinette… Les petits et les tout-petits (et les grands ne sachant pas skier) peuvent aussi aborder les joies de la glisse avec les écoles présentes sur les domaines. Grandvalira en compte sept pour apprendre toutes les pratiques, ski, snowboard et les disciplines « free », les cours étant assurés en plusieurs langues. À Vallnord, la sécurité des petits a été particulièrement étudiée avec l’obligation de porter un gilet de protection dorsale qui, grâce à un système d’ajustement magnétique, sécurise l’utilisation des remontées mécaniques de la Coma et de Basera. La station de Pal (Vallnord) équipée avec deux tapis remonte-pente est d’ailleurs réputée pour son côté familial et tranquille. Au total pour la pratique du ski, cinq nouvelles pistes sont ouvertes cette saison à Grandvalira, sur le secteur El Tarter, ce qui porte le nombre de pistes à 22 pour les plus difficiles, les noires, à 32 pour les rouges, 38 pour les bleues et 18 pour les vertes. Arcalis n’est pas en reste et inaugure cet hiver une nouvelle piste verte appelée très justement la Megaverte. Avec ses huit kilomètres, de 2 552 mètres à 1 940 mètres d’altitude elle est entièrement dédiée aux skieurs les plus jeunes ou aux moins aguerris d’entre nous, le temps de prendre un peu d’assurance ! Le tout, dans une ambiance forcément enneigée, puisque les domaines skiables andorrans sont à même de garantir un enneigement sur la moitié des pistes, soit 150 kilomètres sur 300 grâce à la neige de culture, qu’on appelait autrefois la neige « artificielle ». Et là encore les choses ont bien changé pour parvenir à cette assurance « skiabilité ». Les matériels sont régulièrement remplacés, ils sont aujourd’hui moins nombreux, parce que plus efficaces et précis, mais aussi plus respectueux de l’environnement. Plus écologique Les stations vont au-delà en incitant leurs visiteurs et clients eux aussi à protéger leur milieu de vie. Une grande campagne de sensibilisation « Be green » vient en effet concrétiser ces engagements avec pour objectif de diminuer l’impact des activités touristiques. L’impact paysager des installations, la protection de zones sensibles par la présence d’animaux ou de végétaux remarquables ou encore la gestion des déchets sont autant de points sur lesquels la station de Grandvalira travaille, au point de s’être vue remettre le premier trophée Eco-damage, co-organisé par Kässbohrer et l’association Mountain riders. On peut donc aujourd’hui aisément glisser dans tous les sens, presque d’un bout à l’autre du pays, sans quitter ses skis ou son snowboard, avec ses enfants ou ses amis, en découvrant et respectant la nature. Tout en profitant des autres atouts du pays, le shopping, les bars et la gastronomie pour terminer les longues journées de glisse, en s’installant dans une des nombreuses « bordes » de la principauté. Ces anciennes fermes ont été reconverties en restaurant voilà plusieurs décennies et offrent pour la plupart le cadre typique des maisons andorranes de l’époque. Elles sont donc aussi, en plus d’être des endroits où la cuisine est d’excellente qualité, des liens symboliques naturels avec l’Andorre de toujours, celle des paysans, celle d’avant le ski et le développement des stations. L’occasion de goûter certainement au Trinxat, spécialité revigorante pour skieurs affamés qui mêle chou, pommes de terre, ail, lard… Ou bien encore de se laisser tenter par des escargots ! Bref, vous l’aurez compris, même ceux qui ne skient pas, auront le droit de se régaler en Andorre. 




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